"OFFICIER du ROI"
( Toute une VIE )
Récit par :
Le Colonel Abdeslam BOUZIANE
Officier Retraité
Forces Royales Air Marocaines .
A l'attention de sa Fille : Anissa Mariam BOUZIANE
Pour le Maroc « INDEPENDANT » , Trois Dates Immémoriales resteront à jamais Gravées dans la Mémoire des Jeunes Patriotes Marocains de ma « Génération » :
16 , 17 et 18 Novembre 1955 .
Ces Journées , les « TROIS GLORIEUSES » , Commémorent le Retour d’ EXILE de Feu Sa Majesté Le Roi MOHAMMED V et celui de toute la Famille Royale.

Une « DATE » , le 18 Novembre 1955 , Consacre l’ INDEPENDANCE du PAYS , et la Levée des « Protectorats » Français et Espagnol qui nous Imposaient Leurs Lois , Leur Programmation de nos « Vies » , et ce depuis le 30 Mars 1912 .
En « Novembre 1955 » j’étais un INSTITUTEUR MODEL : Bachelier « Math – Elem » , Ancien du Collège Moulay Youssef à Rabat , et du Lycée Saint – Aulaire à Tanger , Diplômé de l’Ecole Normale de Aïn Es-Sbaa à Casablanca , et Classé « Cadre Général » dans l’Administration de l’Instruction Publique Marocaine .

S.M.
Le ROI MOHAMMED V reçoit une Délégation
Du Corps Enseignant des Ecoles Publiques de la Zone Nord
Tétouane et Larache
J’enseignais à Tétouan , en « ZONE NORD du Maroc » , dite aussi Zone Espagnole , dans ce que l’on appelait à l’époque , une Ecole « FRANCO - MUSULMANE » .
Le Directeur de l’Ecole était de Nationalité Française . Il s’appelait Monsieur « DUFOUR » .
Si j’avais à vous le Présenter , je vous dirais que c’était un Grand Pédagogue , un Homme qui avait l’Amour de son Métier d’Enseignant et , chose exceptionnelle , Monsieur « Dufour » était aussi un Grand Ami du Maroc et de la ville de Tanger , où il avait longtemps exercé , et qu’il « Adorait » .
A l’Indépendance du Maroc , il quitta Tétouan et son Ecole « Franco – Musulmane » et participa à l’ouverture à Tanger d’un Groupe Scolaire , Primaire et Secondaire , qui , très rapidement deviendra « L’Ecole de Monsieur Dufour » : Une Ecole de Maître !
Il mourut en France , à un âge avancé .
Après sa mort , son Fils Georges consulta le Testament de son Père , et réalisa que Monsieur Dufour avait formulé le vœux d’être Enterré à « Tanger » , en Sol Marocain .
Aujourd’hui , cet Homme qui avait tant aimé notre Pays , qui avait tant fait pour l’Education et l’Instruction de nos « Enfants » et de notre « Jeunesse » , repose en Paix au Cimetière Chrétien de Tanger , juste au pied de la « Vielle Montagne » .
Né à Tanger le 24 Janvier 1928 , j’avais été reçu à l’Examen du Baccalauréat de l’Enseignement Secondaire 1ère Partie , Série Moderne en 1949 à Rabat ( Collège Moulay Youssef ) , et à la 2ème Partie , Série Mathématiques en 1950 à Tanger ( Lycée Français Saint - Aulaire ) .
En classe de « Math – Elem » , à SAINT - AULAIRE , nous étions en tout et pour tout « SIX » Elèves , cinq garçons et une fille :
C’était vraiment des Cours Particuliers .
Notre Professeur de Mathématiques s’appelait Monsieur Muracciole , celui de Physique – Chimie était une Dame qui s’appelait Madame Faure .
Les cours de Français relevaient du « Génie » de Mademoiselle Simon , et la « Langue Arabe » du Savoir et de la Philosophie de notre Professeur Algérien , Sidi Ahmed TIJANI .
Et puis me voilà , fin 1950 , à Tanger , ma Ville Natale , en ZONE INTERNATIONALE , avec mon Diplôme du Baccalauréat de l’Enseignement Secondaire et beaucoup de Questions .
Quel « Avenir Educationnel » pour moi ?
Mes Camarades de Classe et de Promotion de Moulay Youssef avaient tous choisi de Préparer , après le 1er Bac , un Transfert au LYCEE LYAUTEY de Casablanca , en vu d’y passer la deuxième Partie du « Bac » , et de pouvoir poursuivre , sans difficultés , des Etudes Supérieures en France .
Moi j’avais choisi d’intégrer le « LYCEE GOURAUD » à Rabat , l’Actuel Lycée « HASSAN II » .
J’avais réussi à obtenir cette intégration , sans recommandation extérieure , en ma qualité de Bachelier Marocain et de Boursier de l’Administration Marocaine .
Pourquoi Rabat plutôt que Casablanca , à l’exemple de mes camarades de Promo ?
Pour deux raisons .
L’une Familiale : mon Oncle Abdelkrim Abdelghafour SMOUNE résidait à Rabat et je pouvais ainsi lui rendre visite tous les Week-Ends .
L’autre Educationnelle : « Monsieur MARTI » était Prof. de Math à « Gouraud » , un Prof. que beaucoup d’Elèves Redoutaient et que les Meilleurs se Disputaient .
A l’époque , en 1950 , je faisais partie de cette dernière Catégorie .
Au « Lycée Gouraud » , j’étais Interne et Boursier , tenu de dormir tous les jours ouvrables au
Dortoir du Lycée , de prendre mes Repas au Réfectoire du Lycée , avec des camarades en
majorité Français , et d’être Présent à toutes les Séances d’Etudes Obligatoires , surveillées par
un Jeune Répétiteur Français , parfois , Oh ! Combien « Inexpérimenté » .
Pendant les Trois Premières Semaines qui ont suivi la Rentrée Scolaire à « Gouraud » tout semblait normal et parfait pour moi :
Contrairement à la Quinzaine d’Elèves du Lycée qui avaient « Fui » la classe de Math. Elem. de « Monsieur Marti » pour aller vers des Orientations moins exigeantes , en « Sciences » ou en « Philo » , Moi j’avais la Conviction que je Pouvais Tenir encore assez Longtemps .
Et puis tout allait « BASCULER » un Samedi Midi .
Nous étions en salle d’ « Etude Surveillée » .
Vers 10.00 du matin on m’annonça qu’un Parent , venu de Tanger , demandait à me voir . Je le reçus dans le Hall d’Entrée du Lycée : Il m’apportait des Gâteaux faits maison de la part de ma Mère .
J’ai remercié le messager , puis j’ai rejoint mon Etude Surveillée .
A Midi , c’était la fin de l’Etude .
Embarrassé par mes Livres de Math. et les Paquets de Tanger , j’avais été le Dernier Elève à Sortir de la Salle de Classe .
Notre jeune Répétiteur Français m’Interpella :
« Monsieur BOUZIANE , connaissez – vous le Sermon sur Henriette d’Angleterre ?
« Oui ! Je crois savoir que c’est de Bossuet .
« Alors vous me le Copierez CINQ Fois , et ce pour Lundi , sans faute : Vous étiez le Dernier à Sortir de la Salle d’Etude ! »
Tout cela m’avait paru Ahurissant : J’étais venu à « Gouraud » pour apprendre des « Math. » et non pour « Copier à la Main » et à l’Encre Bleue un Texte de Bossuet .
Et pour quelle Raison ?
Jamais je n’accepterais de subir une « Punition arbitraire » dont je ne comprenais ni le sens , ni le mobile , que je ne méritais pas et que je qualifiais d’outrageusement « INJUSTE » .
Lundi Matin je me présentais au Bureau du Surveillant Général :
« Monsieur ! Je viens vous demander mon TRANSFERT à Tanger . Je ne peux plus rester ici à Rabat pour des raisons très personnelles
« Monsieur BOUZIANE , réfléchissez un peu , vous bénéficiez ici d’une Bourse d’Internat et à Saint- Aulaire il n’y a pas d’Internat .
« Je le sais très bien Monsieur ; mais mes Parents habitent Tanger et je suis sûr que je n’aurais aucune difficulté à suivre les Cours de Math - Elem dans le Lycée de ma jeunesse » .
Le Surveillant Général téléphona devant moi à Tanger , parla , rédigea une Fiche de Transfert qu’il me tendit :
« Tous mes Vœux vous Accompagnent , monsieur BOUZIANE ».
Et c’est ainsi que je me suis retrouvé , « TROIS ANNEES » après avoir quitté ma Ville Natale , dans l’espoir de poursuivre des Etudes Supérieures d’INGENIEUR à l’Etranger , je me suis retrouvé de nouveau à TANGER , au Lycée SAINT– AULAIRE , préparant cette fois la 2ème Partie du Bac. Math. Elem .
Ce « BAC» , je l’ai Obtenu Haut la Main ! Et j’en suis Fier .

Mon Père , Abderrahman BOUZIANE , était Fonctionnaire au TRIBUNAL MIXTE de la Zone Internationale de Tanger :

Il y passa « Toute sa VIE » , en Contact journalier avec des Hommes de Loi qui disaient le « DROIT » et l’Appliquaient avec « INTÉGRITÉ » .
Ces « HOMMES » de LOI avaient pour Noms :
Maître Saurin , Maître Cebayos , Maître « El Hachmi CHERIF » , un Avocat ALGERIEN , d’un Verbe et d’une Diction Superbes , d’une puissance de Raisonnement et de Persuasion Inégalée et qui devint , en 1955 , par AMOUR pour notre PAYS , l’Avocat Attitré de Sa Majesté Le SULTAN SIDI MOHAMMED BEN YOUSSEF , et le Défenseur , aux Négociations d’AIX Les BAINS , en France , de la « CAUSE » MAROCAINE .
C’était peut-être du fait de « VIVRE » , au quotidien , dans cet espèce « d’Environnement » très particulier , que je qualifierai aujourd’hui , de « Socio- Equité - Culturel » , que mon PERE n’avait jamais cherché à s’ Enrichir ou à faire « Fortune » :
Un certain « BIEN ËTRE » pour Sa Famille lui suffisait .
A la Maison , mes Sœurs et Moi ne manquions de rien , mais mon Père aurait été dans l’Incapacité absolue de Financer mes Etudes à l’Etranger , à supposer que je le lui ais Demandé .
Pour moi , à Tanger , sur le Plan Educationnel , j’avais , à priori, avec mon Diplôme du « Baccalauréat » , atteint le « TOP » de ce que les Institutions Culturelles Locales de la Ville du Détroit pouvaient fournir à un Jeune Marocain .
Il fallait donc chercher une autre Issue , chercher une Issue « Honorable » pour Moi-Même et pour ma Famille , une Issue qui me permette de « Gagner ma Vie » , mon « Mon Pain Quotidien » , tout en m’ouvrant des Chemins pour un certain Développement « INTELLECTUEL » .
Il me fallait me lancer à la recherche d’un « Travail » , d’un « Job » , comme diraient les INGÉNIEURS
DIPLÔMES CHARMEURS des Années 2 000 .
Mais DIEU merci , ici à Tanger , en 1950 , ce n’était pas le « TRAVAIL » qui manquait , c’était plutôt les « HOMMES » , Instruits et
Éduqués , qui manquaient à l’Appel .
En Octobre 1950 , j’étais déjà Titulaire des Diplômes d’Enseignement Marocain suivants :
Certificat d’Études Primaires Élémentaires
( Tanger – 10 Juillet 1941 )
Protectorat de la République Française – Gouvernement Chérifien
Direction Générale de l’Instruction Publique , des Beaux – Arts et des Antiquités .
Diplôme d’Etudes Commerciales
( Tanger – 17 Juin 1946 )
Empire Chérifien – Direction Générale de l’Instruction Publique
Des Beaux – Arts et des Antiquités
Direction de l’Enseignement Chérifien de la Zone de Tanger
Certificat d’Etudes Secondaires Musulmanes
(Rabat – 3 Novembre 1947 )
Protectorat de la France au Maroc – Gouvernement Chérifien
Direction de l’Instruction Publique
Attestation du "BAC" :
Diplôme du Baccalauréat de l’Enseignement Secondaire
1ère Partie , Série Moderne (Rabat) – 1ère Session – Année 1949
2ème Partie , Série Math (Rabat) – 2ème Session – Année 1950
Direction de l’Instruction Publique au Maroc .
Mon « Diplôme d’Etudes Commerciales » , délivré le 17 Juin 1946 , après « Quatre Années » de Formation Financière Spécialisée au Lycée Regnault de Tanger , m’ouvrait d’office l’Accès à un poste de Responsabilité , en Qualité de « Cadre Supérieur » , dans l’une des Deux Cents « 200 » Banques Privées de la Zone Internationale de Tanger :
Je n’avais que l’ embarras du Choix !

Beaucoup de mes Camarades de Regnault , Diplômés en 1946 , avaient , très vite , obtenu des Affectations , à des Postes Importants dans l’une des Banques de la Zone :
Chef du Personnel , Responsable de Portefeuilles d’Actions , ou même Sous-Directeur d’Agence Bancaire …
C’était le cas des BENGIO , BENZAKEN , BENDAYAN , BOUAYAD, et bien d’autres encore , tous Anciens du Lycée de Tanger .
Certains de ces Véritables FILS de la Cité du Détroit feront , dans la Banque , une superbe Carrière sur le « Plan International » :
On retrouvera leurs Noms au Canada , ou même aux USA , associés aux grands Hommes du « Stock Exchange » .
Mais Moi , je n’ai pas voulu suivre leur « Trace » :
Mon « Choix » Personnel a toujours été celui d’un Homme « Libre et Indépendant » .
Il faut croire que je n’avais jamais eu dans le Sang cet Amour de « l’ Argent pour l’ Argent » , un Amour qui guida la « VIE» de Fameux et Richissimes Bourgeois de la Capitale Economique du Pays , et qui leur permit souvent de pouvoir Fermer les Yeux pour Eviter de Voir la « MISERE » des Bidonvilles de « SIDI MOUMEN » et de « SEKOUILA » , lieux Honteux , qui côtoient , aujourd’hui encore , leurs « Luxurieuses Villas » sur la Colline d’ Anfa .
Et pourtant il fallait bien que je « Choisisse » enfin cette ultime ORIENTATION que je voulais donner à ma « VIE » , et que je me « Décidasse » , très vite et une fois pour toute , à dire : « La Voilà » .
Avec mon « BAC » Math. Elem. , à Tanger , en l’Année 1950 , « DEUX » Sérieuses Eventualités d’EMPLOI s’offraient à moi :
L'
ADMINISTRATION de la Ville de Tanger .
L'INSTRUCTION PUBLIQUE Marocaine .
Mon « Choix Final » se Porta sur
« L’ Enseignement » .
Monsieur
« ARMAND » l’ Inspecteur de l’ Instruction Publique , responsable des Ecoles Primaires de la Zone Internationale de Tanger et de l’Ensemble des Ecoles Primaires , dites « FRANCO – MUSULMANES » , de la Zone Nord du Maroc , qualifiée aussi de « Zone Espagnole »
Les « Bureaux » de Monsieur Armand se trouvaient dans les Bâtiments situés au rez- de- chaussée du Lycée Regnault .
Ils occupaient la façade principale de cette Superbe Bâtisse qui datait des Années 30 .
Un immense portail en fer forgé , peint en vert , laissé souvent ouvert , invitait le Visiteur à une certaine Solennité .
Monsieur Armand me reçut ce matin - là , à l’entrée de son Bureau :
« Bonjour BOUZIANE , et encore une fois Félicitations pour un Diplôme du Baccalauréat bien Mérité .

« Quelle Décision avez – vous prise pour l’ Avenir ?
« Je Souhaite faire une Carrière dans l’ Enseignement , si cela était Possible .
« Excellent ! Entrez et asseyons – nous :
Monsieur Armand , derrière un superbe bureau en acajou , moi devant , assis dans un fauteuil style Napoléon .
« Voilà ce que je peux vous offrir dans l’immédiat , et ce dans le cadre de la rentrée scolaire qui débute :
« Je vous propose un poste d’ « INSTITUTEUR SUPPLEANT » à TETOUAN .
« Vous serez chargé de la classe du Cours Elémentaire 2ème Année . Le Directeur de l’Ecole , Monsieur Dufour , que vous connaissez très bien , vous aidera pour vos débuts .
« Votre Traitement Mensuel , en Zone Nord du Maroc , sera DOUBLE de celui d’un Instituteur Suppléant en Zone Sud » .
Et puis Monsieur Armand de développer pour moi des Idées fort intéressantes et très encourageantes :
« Instituteur Suppléant , dit – il , est un DEBUT dans votre Carrière d’Enseignant : Il va falloir que vous Travailliez Dur pour votre TITULARISATION !
« Pour cela il faudra que vous prépariez le Concours d’Admission à l’ECOLE NORMALE de Aïn Sbaa à Casablanca .
« Ce Concours est réservé aux Seuls Candidats Bacheliers .
« A l’issue du Stage qui dure Une ANNEE , il vous sera Décerné un Certificat d’Aptitude Pédagogique ( Degré Normal ) qui vous placera d’Office dans le CADRE GENERAL de l’Administration .

« Puis , plus tard , viendra la LICENCE ( Français ou Mathématiques ) , comme il vous plaira , et ce sera alors l’Enseignement dans le SECONDAIRE , et là on pourra parler du Professeur BOUZIANE » .
Je pris congé de Monsieur Armand , Inspecteur de l’Instruction Publique , en le remerciant pour son Aide et pour ses Directives , et en l’assurant de ma
VOLONTÉ de « Servir » et d’ Être Utile aux « ENFANTS de mon PAYS » .
L’École « Franco – Musulmane » de Tétouan était située au Cœur même de la MEDINA :
Un très grand Jardin , vert , où poussaient quelques grands Arbres aux feuillages ombrageant .
Les Salles de Classe , toutes de plein pied , éloignées les unes des autres , avaient été construites sans un Plan Défini Préalable .
On avait l’impression que les Responsables de l’Instruction Publique de cette Epoque là avaient plus « FOI » dans leurs Cadres Enseignant que dans l’Architecture de leurs Ecoles :
« Liberté de JUSEMENT et d’ACTION leur était concédée » .
Monsieur « DUFOUR » , le Directeur de l’Ecole , me reçut avec une chaude poignée de main : « Bien venu Bouziane ! »
Les Grands Anciens « INSTITS » de l’Ecole m’embrassèrent tous amicalement :
Larbi EL OURIAGHLI , Si Mohammed RAGALA , tous deux Tangérois de souche .
Un autre Jeune
Instituteur Suppléant , Bachelier comme moi , un Ami et Camarade de
Classe en Math. Elem. au Lycée Saint – Aulaire de Tanger ,
Azeddine AGOUMI .
Azeddine AGOUMI
ne fera pas une Longue Carrière dans l’Éducation Nationale
Marocaine .
Il reprendra
des Études Supérieures à la Faculté de DROIT de Rabat et , une
fois Diplômé , sera Nommé « Procureur du Roi » au
Tribunal de Première Instance de NADOR .

Le « Prof » d’ Arabe , Boutaher EL YETTEFTI , un Rifain et fier de l’être , était un véritable puits de sciences en matière de Langue Arabe et de Littérature Arabe : Nous deviendrons de très bons Amis .
Deux Nouveaux Instituteurs Français , tous deux Jeunes , Célibataires , Sympathiques et Corses d’origine :
Monsieur MEI et Monsieur RABAZZANI .
Monsieur Mei , Rabazani et Moi-même avions choisi d’élire Domicile à « l’Hôtel BILBAO » , situé en plein Centre Ville .
L’entrée et la façade de l’Hôtel donnaient sur l’Avenue du « Général FRANCO » , Avenue Principale de la Capitale du Nord du Maroc qui , à partir de 18 heures du soir , devenait Rue « Piétonnière » :
C’était au cours de ces longues et lentes Promenades , en Allers et Retours renouvelés , que les amitiés entre Intellectuels se nouaient , et que les échanges d’Idées se développaient .
Et puis , un lundi matin , arriva le Jour de la RENTREE SCOLAIRE à l’Ecole « Franco – Musulmane » de Tétouan .
Tout le monde était Présent :
Monsieur le Directeur , l’ensemble des Instituteurs et Institutrices , dont Madame GUERIN et Madame DAHROUCH , et bien sûr , Tous les « Elèves » qui déjà connaissaient leur Nouvelle Classe d’Affectation .
Ce matin là , ils étaient une VINGTAINE de jeunes Gamins , tous très proprement habillés , alignés en rang devant la Classe du CE-2 ( Cours Elémentaire 2ème Année ) , qui attendaient leur Nouveau Maître .
Monsieur DUFOUR arriva , fit signe aux Elèves de rentrer dans la Classe et de s’asseoir . J’étais là , debout , un peu en Retrait par rapport au Directeur :
« Je vous Présente votre NOUVEL
INSTITUTEUR , Monsieur Abdeslam BOUZIANE .
« Je vous Demande de l’ÉCOUTER et de l’AIMER » .

Puis Monsieur Dufour s’en retourna à son Bureau , me laissant SEUL , face à mes Responsabilités .
Je voulais , avant toute chose , CONNAÎTRE chacun de mes ELEVES à titre Individuel , associer son Nom à une Image , que je voulais garder longtemps dans ma Mémoire .
Monsieur Dufour avait fait déposer sur mon bureau la Liste Nominative de tous les élèves de la Classe du CE-2 .
Cette Liste me permit de faire « l’Appel » de tous les Présents pour commencer à mieux les Identifier , et essayer , avec le temps , de mieux les Comprendre pour mieux les Aider .
A Tétouan , notre Ecole « Franco-Musulmane » , qualifiée aussi d’Ecole « FRANCAISE » , avait réussi , avec le temps , à se bâtire une Excellente Renommée Educationnelle dans la Société Marocaine de l’Epoque :
Son programme d’Enseignement BILINGUE et la QUALITE de ses Enseignants , choisis parmi les Meilleurs , avaient conduit nombre de Parents Marocains , dits « NATIONALISTES » , à vouloir Inscrire leurs Enfants à « l’ Ecole Française » .
Les « ELEVES » de ma classe de CE-2 , en Octobre 1950 , avaient pour Noms :
TORRES , AFAÏLAL , KHALLADI , IMRANE , BENNANI , BEN SEFFAJ , CHAOUDRI , CHERQUAOUI , DELLERO …
C’étaient en majorité , de très Bons
Élèves , calmes , studieux et disciplinés .
On avait l’impression que leurs PARENTS , avant de les Inscrire à l’École , leur avaient fait la LECON suivante :
Le « Vrai Nationalisme » commence d’abord par l’Acquisition de la « Connaissance » .
Les
Livres à distribuer aux Elèves étaient là , Offerts à Titre
GRACIEUX par l’Administration de l’Ecole : Lecture ,
Grammaire , Arithmétique , Sciences …
Un Livre
particulier avait attiré mon attention , celui de la Leçon de« LANGAGE »
, ou pour mieux m’exprimer , celui de la Conversation , celui de
l’Apprentissage de la Langue Française par le « Dialogue »
.
Dans ce
Livre , Edité par l’Instruction Publique Marocaine , le « Langage »
entre Petits Marocains , se résumait à une série de Questions posées
par « Ahmed » , suivie d’une série de Réponses répétées
par « Kaddour » , et ce , toujours d’après le
Livre Officiel :
J’avais ,
à l’Epoque , estimé que cette Méthode d’Enseignement du
« Langage » était Rétrograde et Archaïque , et
qu’elle devait Evoluer et se Moderniser .
Après ma
sortie de l’Ecole Normale de Aïn Sebaa à Casablanca le 3 Janvier
1953 , et l’obtention de mon Certificat d’Aptitude Pédagogique ,
j’avais estimé , de retour à Tétouan , que désormais il était
dans mes Attributions d’Apporter une Variante Positive à l’Enseignement
du « Langage » dans nos Écoles Publiques .
En fait
l’occasion allait m’être offerte , pour qu’Officiellement , et
devant Monsieur Armand en personne , en Tournée d’Inspection à
notre École , et dans ma Classe de CE 2 , il m’avait été demandé
de Présenter « Ma Leçon
de Langage » .
L’Inspecteur
de l’Instruction Primaire était assis au fond de la Classe , face
au tableau noir et au bureau du Maître : Il prenait des Notes .
Les Élèves étaient tous silencieux .
« Ma Leçon
de Langage » je l’avais préparée la veille : Une
Feuille de Papier Consonne Blanche , Grand Format , sur laquelle
j’avais Dessiné moi-même , au « Fusain » Noir ,
une scène de la Vie Marocaine de tous les Jours .
Pour la
Visite de Monsieur Armand , j’avais choisi le « Four Publique »
, le « Farrane » , où toutes les familles du voisinage
faisaient cuire « Leur Pain » , un Pain pétri à la
maison , façonné à la maison et poinçonné par chaque Famille pour
être reconnu .
Au centre
de notre « Tableau » du jour il y avait le « Fournil » , puis il y avait le
« Patron du Four » , que l’on appelait « El Maalam
del Farrane » , et puis il y avait ce petit personnage ,
essentiel et indissociable à la vie du Four , le « Mitron » , un tout jeune gamin
que l’on appelait « Terrah » et qui Transportait
le Pain cuit , vers les maisons des clients du quartier .
Ma
« Leçon de Langage » avait pour objet de faire Parler les
Elèves en leur posant Moi-même des Questions Ciblées , exprimées
dans un Vocabulaire à leur portée , et qui me permettrait de
« Soustraire » de chacun des Élèves une « Réponse » , libellée dans un Français
Clair , le plus Correct
possible , et Décrivant au mieux le thème de notre « Tableau »
du Jour :
Cette
« Leçon de Langage » , à la BOUZIANE , avait « Deux »
Objectifs :
Primo
, La « CONVERSATION » en Langue Française .
Seconde , l’Apprentissage de la « RÉDACTION » Française :
Chaque
Réponse d’Elève , jugée Satisfaisante , était Inscrite au
Tableau Noir , et devenait un « PARAGRAPHE » de notre Rédaction
.
Monsieur
Armand assista à Chacune de mes Leçons en Classe de CE-2 .
A la fin
de la journée il me salua , avec pour Unique Commentaire :
« Au revoir Bouziane , CONTINUEZ ! »
Tout au
long de l’ Année , Monsieur Armand était revenu en Inspection à
l’Ecole « Franco-Musulmane » de Tétouan , mais il
n’avait plus jamais estimé nécessaire d’Inspecter la Classe du
CE-2 .
Monsieur
Dufour , le Directeur , me dira un jour : « Il sait ce que
vous faites Et de plus je
suis là pour en Parler » .
Les Jours
passaient , les Mois passaient , et notre Ecole gagnait en Renommée
et en Considération .
Un Jour ,
Monsieur Dufour , notre Directeur , nous appela Monsieur Mei ,
Rabazzani et Moi–même , dans son Bureau , pour nous expliquer
qu’il avait reçu de nombreuses Lettres de Personnes de Nationalité Marocaine et Espagnole , qui lui demandaient de
bien vouloir procéder à l’Ouverture , à l’Ecole « Franco
– Musulmane » de Tétouan , d’un COURS du SOIR pour « ADULTES »
, ayant pour objet « L’Apprentissage
et le Perfectionnement de la LANGUE FRANCAISE » .
Nous en
parlâmes entre nous et nous arrivâmes à la conclusion qu’un tel
« Cours pour Adultes » serait bénéfique pour l’Ecole
elle-même d’abord , qui était comme en situation « Extra
Territoriale » en Zone Espagnole . Et de plus , ce cours
initierait un meilleur Brassage Intellectuel entre la Population de la
ville , Marocaine et Espagnole , et les Cadres Enseignants de l’Ecole
.
Monsieur
Dufour , après en avoir référé à l’Inspection de l’Enseignement
Primaire à Tanger , décida d’ouvrir Trois Salles de Classe pour
l’Enseignement du Français à l’attention des « ADULTES » :
Un cours ( I ) , pour Débutants .
Un cours ( II ) , pour Avancés .
Un cours ( III ) , de Perfectionnement .
Deux Jours par Semaine : Le Mardi et le Jeudi .
Horaire des Classes : De 18.00 à 19.30 .
Effectif par Classe : 15 Élèves .
Monsieur le Directeur me confia la Responsabilité de la Mise
en Œuvre de la Classe de « PERFECTIONNEMENT» .
J’avais à définir moi-même mon Programme d’Enseignement
qui comporta de la Lecture à Haute voix de Textes choisis , de la
Grammaire Française et de l’Orthographe et enfin de la « Conversation »
inter Groupe qui avait pour But d’Animer la Spontanéité du Cours .
Parmi la
quinzaine d’Elèves enregistrés le premier soir à ce Cours de
Perfectionnement du Français pour « Adultes » , il y
avait une Dizaine de Marocains , tous des Hommes , et Cinq Espagnols
dont Trois Hommes et Deux très Belles Jeunes Filles aux cheveux
Blonds : « SOLEDAD et ADELA » .
Soledad
était la fille d’un Colonel de l’Armée Espagnole , et Adela était
la nièce d’un Bourgeois Espagnol , « Business Man » établi
à Tétouan depuis un certain temps .
A la fin
du cours , vers 07.30 du soir , nous quittions tous ensemble l’Ecole
, Elèves et « Professeurs » , et remontions à pieds les
ruelles étroites de la Médina pour rejoindre le Centre Ville et l’Avenue
du Général Franco , Rue Piétonnière de la « Capitale »
.
Nous
entamions alors le « PASSEO » Institutionnel :
Celui des
« Intelos - Politicards » pour beaucoup ,
Celui de
« Los Enamorados » pour un petit nombre .
Cette
PROMENADE des Mardis Soir et des Jeudis Soir avait éclairé les Jours Bienheureux
de mes Jeunes Années en 1953 54 , et 55 à Tétouan .
Associé
à mes Elèves du Cours de Perfectionnement en Langue Française , et
tout particulièrement à Mesdemoiselles SOLEDAD et ADELA , qui toutes
deux , à l’époque avaient mon Âge , je sentais que cette Carrière
dans Enseignement , que je venais de débuter , était en fait Celle
qui me Convenait le Mieux .
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SOLEDAD
ADELA
J’étais
Capable et Heureux de pouvoir Comprendre , Aider et Servir les
« ENFANTS de mon PAYS » .
J’étais
aussi très « Fier » d’avoir su faire montre d’Aisance
et de « Know How » pour dispenser à des Elèves « Adultes »
comme moi , Marocains et Espagnols , le maigre Savoir que je Détenais :
Pour mes
Grands Elèves j’étais devenu « EL PROFESSOR » .
Toutes ces Années Heureuses à Tétouan , conjuguées aux Attentes de tout un Peuple , dont j’étais
Partie Intégrante , priant pour le Retour Prochain de son « ROI »
et l’ « Indépendance »
du Pays , toutes ces Années
là , Nous les avions Vécues à Tétouan , avec Dignité et une
Immense ESPERANCE en l’AVENIR .
Et puis le « MIRACLE » arriva
, un 16 Novembre 1955 .
Ce jour là il y avait une Foule Incommensurable , des Dizaines
de Milliers d’Hommes , de Femmes et d’Enfants , qui s’étaient déversés
sur l’Aéroport de Rabat – Salé , et qui attendaient .
Et puis voilà que soudain , là , dans les Airs , apparut un
Magnifique et Elégant Avion de Transport , un Super Constellation ,
un Quadrimoteur , escorté par quatre Avions de Chasse de l’Armée
de l’Air Française , qui fit un Passage à faible vitesse et à très
basse altitude , au dessus de cette Foule d’Hommes , de Femmes et
d’Enfants , qui levaient leurs bras vers le ciel , agitaient leurs
mains criaient leur joie et scandaient le nom de CELUI qui était
revenu au PAYS pour lui rendre son UNITEet sa FIERTE .
Quand le Super Constellation s’arrêta sur le Parking de l’Aéroport
de Salé , que les moteurs se turent , que la rampe de débarquement
fut mise en place et que la Porte Passagers s’ouvrit alors , et alors seulement , vit–on sortir de l’Avion
cet HOMME Vénéré de tout un Peuple , cet HOMME dont l’Image avait
voyagé pour aller
embrasser la Planète Lune , cet HOMME qui était devenu le symbole du
COURAGE , de la PERSEVERENCE , de la DROITURE et de l’INTEGRITE de
toute une « NATION » .
Cet HOMME c’était Le Sultan Sidi Mohammed BEN YOUSSEF , aujourd’hui « MOHAMMED V »
, ROI du MAROC .
Puis suivaient les Princes et les Princesses :
SAR Le Prince Moulay EL HASSAN , SAR Le Prince Moulay ABDALLAH
, SAR La Princesse Lalla AÏCHA ….
La Famille Royale toute entière était là , remerciant DIEU
de l’avoir Réunie de Nouveau , après Deux Longues Années d’Exile
Forcé à Madagascar , avec ce Peuple Marocain aimé et respecté :
Cette Journée du 16 Novembre 1955 consacrait la Renaissance d’une
Nation , la Symbiose d’un Peuple et d’un ROI
.
Très tôt , et au tout début de son Règne , Sa Majesté Le ROI
MOHAMMED V nommera par Dahir son Premier « DIRECTEUR GENERAL du
CABINET ROYAL » .
Cet Homme de Confiance du ROI
sera un TANGEROIS .
Il porta le NOM de « Abderrahman ANEGAÏ » .
A Tanger , rue TSOULI , les Demeures de nos deux Familles , les
BOUZIANE’s et les ANEGAÏ’s , se touchaient . Les Relations entre
nos Parents étaient Fraternelles et une Amitié sincère unissait
tous les ENFANTS .
Le PERE de Abderrahman ANEGAÏ, très Cultivé , Bilingue , laissa après sa Mort ,
à sa Veuve , Mama H’LIMA , une Toute Petite Femme , Menue
, Originaire de FIGUIG , dans l’Oriental , à ses Six Garçons et à
ses Deux Filles , un HERITAGE en « OR » :
Cet Héritage se Réduisait
à une « Simple Pièce » , une Chambre , dans l’Etroite
Demeure Familiale , transformée en « BIBLIOTHEQUE » où
des Centaines de LIVRES ,
Arabe et Français , le plus souvent « Reliés » , Couvraient les Murs jusqu’au
Plafond .
Après l’obtention de son Diplôme du Certificat d’Etudes Primaire (
CEP ) à l’Ecole Franco-Musulane du Marshan à Tanger , l’Ecole de
Monsieur PONCET , Abderrahman ANEGAÏ entamera une « AUTO-FORMATION »
des plus Sérieuses et
des plus Performantes , puisant son SAVOIR dans cette merveilleuse
Bibliothèque Privée , Lègue Inestimable d’un « PERE
SAGE » .
Plus tard , grâce à la
« Mission Educatrice » du PARTI de l’ISTIQLAL , à une
Epoque où les Partis Politiques avaient une VISION et un PROGRAMME
pour l’AVENIR du PAYS , Abderrahman ANEGAÏ rejoindra l’Université du CAIRE où il
suivra des Etudes Supérieures en Arabe .
Il sera inspiré par le Nationalisme
Pan Arabe et les Idées Nassériennes naissantes .
Mais de retour au Maroc et à Tanger , il deviendra un Membre Actif du
Mouvement National , sera , entre autre , associé à mon Cousin
Germain , Monsieur « Mokhtar HADJ NASSAR »
, dans la Rédaction du très Historique Journal Nationaliste
Hebdomadaire , diffusé en Langue « FRANCAISE » , et qui
portait le Titre Prestigieux de « LA VOIX DU MAROC »
.
Quand le 8 Avril 1947 Sa Majesté Le Sultan Sidi MOHAMMED BEN YOUSSEF
entama son Voyage Unificateur du Maroc , et arriva par « TRAIN »
à la Gare Ferroviaire de Tanger , Abderrahman ANEGAÏ était Présent ;
Et quand le lendemain , « 9 Avril 1947 »
, Le Sultan Prononça son « Discours Mémorable » à la
MENDOUBIA , faisant Volontairement Abstraction de Mentionner le Nom de
la France , Abderrahman ANEGAÏ était encore Présent , et très près
du SOUVERAIN .
Nommé Directeur Général du Cabinet Royal , Abderrahman ANEGAÏ porta
à la connaissance de S.M. Le ROI MOHAMMED V que le « CORPS
ENSEIGNANT » des Ecoles Primaires de la Zone Internationale de Tanger
et celui de la Zone Nord du Maroc ( Tétouan , Larache et Al Kassar Kébir
) souhaitait pouvoir venir à Rabat , et Renouveler leur « AMOUR »
à S.M. Le ROI :
« Ils sont les BIENVENUS ! » lui fut-il répondu .
Le Samedi matin de ce Nième Jour du Mois de Novembre de l’Année 1955
, fut la Date arrêtée par le Protocole Royal pour notre RENCONTRE ,
Exceptionnelle et Mémorable , avec S.M. Le ROI .
Ce Samedi matin là , S.E. Monsieur Hadj Ahmed BENNANI , Directeur du
Protocole Royal , nous invita tous à rentrer au PALAIS des Touargas .
Dans la Grande Cour et
l’Esplanade Intérieure , il nous avait été demandé de nous
Grouper par « Ecoles Régionales » , afin de permettre à
S.M. Le ROI de mieux nous positionner dans l’Echiquier National .
Et puis voilà venu le moment tant Attendu :
S.M. Le ROI MOHAMMED V se présenta devant nous , drapé de sa belle
Djellaba en Feutre Gris et coiffé de son traditionnel Chapeau à la
« Nehru » qui allait rester attaché à jamais à la
Personne de notre ROI .
Sa Majesté était
accompagnée
de SAR Le Prince Héritier Moulay EL HASSAN , de S.E. Monsieur
Abderrahman ANEGAÏ, Directeur Général du Cabinet Royal et de S.E.
Hadj Ahmed Bennani , Directeur du Protocole Royal .
Les présentations
officielles par « Ecoles Régionales» n’avaient pas
encore débuté , que déjà les jeunes FEMMES , Directrices d’Etablissements
ou Institutrices , s’avancèrent d’elles mêmes vers Sa Majesté
Le ROI , Heureuses et Ravies :
Elles embrassèrent la MAIN
BENIE qui venait de rendre la LIBERTE et l’UNITE à tout un PEUPLE .
Sa Majesté le ROI s’approcha de nous , se mêla à notre groupe où
nous voulions tous Le saluer et Lui embrasser la Main .
Il se prêta volontiers à une « Séance Photo » avec chacun
des Groupes d’Ecoles Régionales
La merveilleuse « PHOTO » dont nous avait honoré Sa Majesté
Le ROI MOHAMMED V , en Novembre 1955 , dans l’Enceinte du Palais
Royal , a , aujourd’hui encore , une place Privilégiée dans mon
Bureau Personnel à Rabat .
J’y retrouve des Amis d’entant ou des Collègues qui nous ont quitté
il y a quelques années , tels Larbi
El Ouriaghli , Si Mohammed Ragala ou le Professeur Ahmed Ghzanaï .
De retour à Tétouan , nous ne parlions plus que de « Rabat »
, du « Palais Royal » et de Sa Majesté « Le ROI
MOHAMMED V » .
Nous parlions du Maroc Indépendant
, de ses Potentialités , de sa Jeunesse et de son AVENIR : Nous
étions vraiment « CONCERNES » par tout cela .
Et puis les Réalités de la Vie , principalement dans le Domaine de
l’ENEIGNEMENT , commencèrent à nous INQUIETER , dès que
notre Nouveau Premier Ministre , S.E. Monsieur M’Barek BEKKAÏ ,
Constitua son Gouvernement et confia la Responsabilité du Ministère
de l’EDUCATION NATIONALE à un Grand Nationaliste Marocain , une
Sommité de la Culture Arabe .
On commença alors à parler « d’ARABISATION »
de l’ENSEIGNEMENT .
On commença alors à parler de Formation Accélérée en Arabe des
Cadres Enseignant .
On commença alors à parler de Nouveaux Textes Scolaires , en Arabe ,
à publier …
Tout cela était très « Intéressant » à Discuter , mais
…
Mon « Intime Conviction »
, début 1956 , me disait que je n’étais pas
prêt à suivre cette « NOUVELLE VOIE » que S.E. le
Nouveau Ministre de l’Education Nationale du Maroc était venu Nous
PRESENTER .
j’ ATTENDAIS !!!
Et puis , au Printemps de l’Année 1956 , un APPEL SOLENNEL
, l’ APPEL du 14 MAI 1956
, l’ APPEL de S.M. Le ROI MOHAMMED V , à l’Attention de la
« JEUNESSE MAROCAINE » , l’Exhortant à se Joindre à
LUI pour CREER « l’ ARMEE ROYALE NATIONALE » de
DEMAIN
J’ AI
RÉPONDU à cet
« APPEL » :
Et le 1er JUILLET 1956 , j’étais le Premier TANGEROIS , et
Certainement un des Tous Premiers Jeunes Marocains , qui avaient
Choisi de « s’ ENGAGER » dans « l’ ARMEE »
de Sa Majesté Le ROI du MAROC , en Qualité d’ « ELEVE
OFFICIER PILOTE »
Quelle GLOIRE , mais aussi Quelle Immense RESPONSABILITE !
Le Dimanche 30 Juin 1956 , à Tétouan , je m’étais levé de très
bonne heure .
Lavé , rasé et habillé en « Gentleman » que j’étais ,
j’avais pris la route , à bord de ma Simca Aronde 1955 ,
pratiquement Neuve , à destination de RABAT , la Capitale de ce
NOUVEAU MAROC « INDEPENDANT »
.
Je Partais pour Rabat , avec « l’ IDEE » qu’un Grand
« DESTIN » m’ Attendait et que j’Allais pouvoir enfin
SERVIR mon PAYS Bien Mieux que je ne l’Aurais Fait , si j’étais Resté simple
Cadre Anonyme de notre Nouveau Ministère de l’Education Nationale
ARABISE .
Je Partais pour Rabat , pour OFFRIR à mon PAYS ce que j’avais de plus
CHER en Moi , et , pour ainsi dire , sans « RIEN » Lui
DEMANDER en Echange .
J’avais , à mon Actif , à priori , tous les Diplômes Requis pour
mon Engagement dans les « FAR » :
Mon BAC Math – Elém ,
mon Certificat d’Aptitudes Pédagogiques et une Expérience
Gratifiante de Cinq Années et Demie de « Labeur » Honnête
, dans un Système d’Education
Marocain de Haut Niveau .
Pour les Forces Armées Royales de S.M. Le ROI MOHAMMED V , le Libérateur
et l’Unificateur du PAYS , le Recrutement d’un Jeune Homme , à
l’ Image du Jeune Abdeslam BOUZIANE , le Petit Fils de Feu le
« CONSUL GENERAL du MAROC à GIBRALTAR » , entre 1899 et
1906 , ne pouvait être que BENEFIQUE pour une Armée Nationale en
phase de « CONSTRUCTION » .
Ce Dimanche 30 Juin 1956 ,
à mon arrivée à Rabat , j’étais descendu à l’Hôtel Terminus
, un Hôtel que je connaissais très bien , situé en plein Centre
Ville , sur l’Avenue MOHAMMED V , à deux pas du COLLEGE MOULAY
YOUSSEF , où j’avais suivi Toutes mes Etudes Secondaires .
Des « IMAGES » de mon Passé me revenaient :
Le Portail Grillagé à l’Entrée du Collège ,
« Ba Mellouk » , le Gardien Turbanné , qui avait pour
responsabilité d’actionner la « Cloche » qui Régissait
nos Vies ,
La « Direction du Collège » :
Monsieur ROUX , le Directeur ,
Monsieur SERRE , le Surveillant Général .
Nos « Professeurs » qui avaient pour Noms :
Gotteland
, Parriot , Laney , Louyia , Khaladi , Lakhdar
Les Camarades de Classe :
Hassan Zemmouri , Saîd Ben Ali , Driss El Fellah , Toufiq Kabbaj ,
Brahim Frej , Driss Ben Moussa , et bien d’autres encore …
Le lendemain , Lundi 1er Juillet 1956 , je quittais l’Hôtel
Terminus vers les 08.00 heures du matin , en prenant soins
d’indiquer à la Direction de l’Établissement que je
gardais ma Chambre pour quelques Jours encore .
Muni d’une Petite Valise , comportant quelques effets de rechange et
de toilette , je me dirigeais , à pieds , vers le « Collège
Moulay Youssef » , transformé
tout au long de cette semaine en « CENTRE de RECRUTEMENT »
pour les Jeunes Marocains Bacheliers qui avaient entendu l’Appel de
S.M. Le ROI MOHAMMED V et avaient Choisi d’Intégrer les Forces Armées
Royales (FAR).
Passé le Portail Grillagé d’Entrée du Collège , je me trouvais au
milieu de cette large « Cours de Récréation » , en terre
battue , de forme Circulaire , et entourée de Colonnes de Pierres
supportant des Arcades Régulières , donnant accès aux Bureaux de
l’Administration et à certaines Salles de Classes du Collège .
Une « Cinquantaine » de Candidats Elèves Officiers était déjà
arrivée et attendait de recevoir des Explications et des Directives
sur les « Futures Carrières Militaires » qui allaient
leur être Présentées par la « Direction des Opérations de
Recrutement » .
Le « Directeur »
de l’Opération « Recrutement des FAR » , pour l’Année
1956 , était un Officier Marocain , du Grade de Colonel , détaché
par l’Armée Française pour mener à bien la Mission de Sélection
et d’Engagement des Futures Cadres Officiers de l’Armée Nationale
Marocaine . Son nom était le « Colonel DAOUDI » .
Dans la « Foule » des jeunes Candidats , éparpillés
dans la Cour de Récréation du Collège Moulay Youssef , j’avais très
vite reconnu trois Camarades de mes Années d’Etudes à Rabat
M’Barek NOURI , un bachelier math. élem. , originaire de Salé , une
extrême générosité et une intelligence très vive . J’avais fait
la connaissance de M’Barek en 1953
Il conduisait , le premier jour de notre rencontre , la Belle Voiture Américaine
de son Père , une Chevrolet Bellaire Blanche , toute neuve , avec
toit peint en Bleu .
Le père de M’Barek était
un Grand Fermier du Gharb , avec base à Camps Mono (Sidi Allal El
Bahraoui ) , à une trentaine de kilomètres de Rabat
M’Barek NOURI intégrera les FAR en 1956 , suivra des Etudes de très
haut niveau à l’Ecole du Génie Militaire de Versailles , en France
, et finira sa Carrière d’Officier , avec le Grade de Lieutenant
Colonel , en qualité d’Inspecteur du Génie à l’Etat – Major Général
des FAR en 1971
Driss BEN MOUSSA avait été un bon camarade au Collège Moulay Youssef
, en Classes de 3ème
, 2nd et 1ère
.
Le taux de « Réussite » à l’Examen du Baccalauréat , en
fin d’Année , avait été
de « 100 % » pour cette Promotion des Marocains du
Meilleur Collège Franco Musulman du Maroc .
Driss BEN MOUSSA , à l’Epoque , était un Personnage très « Occidentalisé »
Il était le seul Marocain du Collège à être affilié aux « Scouts
de France » , et de ce fait , tous les Samedis matin , il
endossait sa tenue Kaki , Veste et Short court , et partait rejoindre
ses Louveteaux dans la Campagne Marocaine .
Il ne revenait au Collège que le Dimanche soir .
Il s’engagera dans les FAR en Juillet 1956 , suivra les Cours de l’Ecole
Militaire de Saint Cyr en France , et , en1964 , à la Création des
« Forces Royales Air » » , sera désigné pour intégrer
l’ Ecole du « Commissariat de l’Air » à Salon de
Provence , devenant ainsi le Premier « Officier Intendant de
l’Air » de la Jeune Aviation Militaire Marocaine .
Abdallah AMAR , un jeune Bachelier originaire de Salé , était aussi
l’Ami de M’Barek NOURI .
C’était une Personne
d’une immense Gentillesse et d’une Politesse Exemplaire .
Abdallah fera partie de cette Première Promotion des « Douze »
Elèves Officiers Aviateurs Marocains qui Intégreront « l’Ecole
de l’Air de Salon de Provence » en France , en l’Année 1956
, et qui auront pour « Mission » de « Bâtir »
la Future « ARMEE de l’ AIR » du Nouveau Maroc Indépendant
.
A un moment , j’entendis quelqu’un prononcer mon nom à très haute
voix : « Monsieur Abdeslam BOUZIANE ! »
Je répondis : « Présent ! » .
C’était l’Adjudant , Chef du Secrétariat particulier du Colonel
responsable de la Direction des Opérations de Recrutement qui me
cherchait
« Le Colonel DAOUDI
va vous recevoir dans son Bureau »
Le Bureau du Colonel DAOUDI n’était autre que celui de l’actuel
Surveillant Général du Collège Moulay Youssef : Il
l’occupait à titre de prêt temporaire .
Le Colonel DAOUDI était confortablement assis dans son fauteuil
tournant , et on voyait déjà les Dizaines de Dossiers qui commençaient
à s’amonceler sur le Bureau , juste devant lui , témoignant de
l’Intérêt que la Jeunesse Marocaine avait accordé à la Création
de cette Nouvelle Armée Royale Nationale .
Le Colonel DAOUDI était un homme d’une Cinquantaine d’Années , pas
très grand , d’une forte corpulence , la chevelure quelque peu
clairsemée .
Il portait un Uniforme kaki :
c’était la Tenue d’Eté des FAR.
Sa Veste , toute neuve , coupée sur mesure par un tailleur militaire de la place , était placardée par
plusieurs rangées de Barrettes de « Décorations Etrangères »
, gagnées sur les Champs de Batailles d’Europe et d’Indochine .
« Alors Monsieur Abdeslam BOUZIANE , vous avez entendu
l’Appel de S.M. Le ROI MOHAMMED V en date du 14 Mai , et vous êtes
venu ce jour , à l’exemple de vos jeunes Camardes Bacheliers , Intégrer
l’Armée Royale , et servir votre Pays et votre ROI ?
« C’est Correct , mon Colonel .
« Je regarde votre Dossier :
« Bachelier en Mathématiques , Instituteur Diplômé du Cadre Général
, Cinq Années et Demie d’expérience positive au sein du Ministère
de l’Education Nationale
« Vous me semblez être
un Candidat exemplaire pour l’Admission dans une Ecole d’Officiers »
et je suis persuadé que vous serez , Demain , un Véritable
Leader » au sein de nos FAR .
Mon Colonel , je Souhaite pouvoir Intégrer l’AVIATION des FAR
et devenir « PILOTE » de TRANSPORT MILITAIRE .
« Le Médecin Militaire , qui va vous Examiner d’ici peu , décidera
de votre Aptitude Médicale et de votre possibilité d’ affectation
ou non à l’AVIATION des FAR , dont vous serez , peut être , l’un
des Premiers Eléments Constitutifs .
« Je vous Remercie , mon Colonel : Souhaitez-moi Bonne Chance .
« Que DIEU vous Aide et vous Protège ! »
Le Lieutenant-Médecin qui allait m’ausculter avait pour Nom « BENKEMOUN »
. C’était un jeune Officier Français , détaché auprès des
Forces Armées Royales , afin de les aider à Créer et à Développer
leur propre « Service de Santé Militaire » .
L’Examen Médical n’avait pas été trop long :
-
Stéthoscope
- Tension
Artérielle
-
Acuité Visuelle
- Taille
- Poids …
Le Docteur BENKEMOUN donne son Verdict :
« Monsieur BOUZIANE vous êtes Apte Service Armé et Apte
à être Orienté Service Armée de l’Air » .
« Je vous remercie Docteur . Je suis très Content :
Pour moi c’est une Nouvelle Vie qui va Commencer » .
Tous les Candidats « Elèves - Officiers » qui
avaient été déclarés « Aptes Service Armé » par le Médecin
des FAR , étaient dirigés vers une grande Salle de Classe , aménagée
en « Magasin d’Habillement » et où une quantité
impressionnante « d’Effets Militaires » avait été
Disposée sur des Rayonnages en
Bois , pour cette Première et Importante Opération de Recrutement ,
devant Alimenter en « SANG NEUF
et PROPRE » la Nouvelle Armée Royale , Œuvre de S.M. Le
ROI MOHAMMED V .
Sous les Arcades couvrant le Couloir qui longe la Salle de Classe ,
avaient été disposées Quatre Grandes Tables Numérotées , espacées
l’une de l’autre de près d’un mètre environ .
Derrière chaque Table se tenait un Sous-Officier du Service de l’Intendance
Militaire des FAR .
Cet Homme avait pour Mission d’Habiller Tout « ELEVE OFFICIER »
qui se présenterait devant lui :
-
Battle Dress ( Tenue de
Combat ) en drap beige
- Chemise Kaki &
Cravate Noir .
- Sous-Vêtements .
-
Béret Vert .
-
Brodequins noirs &
Chaussettes .
-
Ceinturon en cuir.
Muni de mon Lourd « Trousseau » d’Effets Militaires , je
m’étais dirigé vers le « Dortoir » qui nous avait été
provisoirement affecté pour me défaire de mon Costume Civil et
Endosser l’Uniforme des Forces Armées Royales .
Après avoir étalé sur mon lit , à armature métallique ,
mes Nouveaux Habits , j’avais pris le Temps de les regarder , de les
examiner , d’en palper de mes dix doigts toutes les coutures et
aspérités , afin d’essayer de Comprendre le Comment et le Pourquoi des
« Evénements » que je Vivais et qui m’avaient conduit ,
une Seconde fois encore dans ma Vie , vers le Collège Moulay Youssef
de ma Jeunesse .
Vêtu de mon simulacre de Nouvel Uniforme , Battle Dress
avec Chemise Kaki et Cravate Noire , Brodequins noirs et Béret
Vert penché sur
l’oreille gauche , je m’était aventuré dans la Cours de Récréation
du Collège :
Je sortais Affronter mon Nouveau
« Monde Extérieur » , constitué des « DEUX
CENTS -- 200 » Candidats Elèves- Officiers que le Colonel
DAOUDI venait de Recruter , et qui allaient rejoindre , en majorité ,
l’ ECOLE de SAINT CYR en France .
Nous étions « Quatre » Amis , réunis ici par le plus
Grand des « Hasards » :
NOURI M’Barek ,
BOUZIANE Abdeslam ,
AMAR Abdellah ,
BEN MOUSSA Driss
.
D’abord des « Sourires » Inexpressifs , puis des «
Rires » Timides et
quelque peu Sournois , qui traduisaient déjà notre totale Stupéfaction
et notre Etonnement à la Vue de nos Nouveaux Uniformes :
Aucune Tenue Militaire n’était à la taille de Celui qui la portait :
Veste trop large , Pantalon trop long , Col de Chemise trop grand ,
Brodequins trop lourds , Béret qui vous tombe sur le front …
Et c’était Habillé dans cette « Nouvelle Tenue Militaire »
, pensée par un « Maître Couturier à la Mode » , que
nous Entamâmes les Opérations Administratives qui devaient
Officialiser notre « Recrutement » dans les Forces Armées
Royales :
-
Photos d’Identité .
-
Livret Militaire .
-
Signature de l’État
d’Engagement .
-
Prime d’Engagement .
Après la « Signature » de l’État d’Engagement et la
« Perception » de la Prime d’Engagement , le Candidat
« ÉLÈVE – OFFICIER » était désormais classé « Militaire
d’ACTIVE » .
Il s’était Engagé à « SERVIR » dans les FAR de S.M. Le ROI
pour une Durée
pour une Durée Minimumde CINQ ANNEES .
Une fois les Opérations de Recrutement Terminées , le Colonel DAOUDI
nous fit Réunir dans la Grande Cour de Récréation du Collège
Moulay Youssef pour nous Expliquer notre MISSION :
« Nous étions les Futures OFFICIERS de S.M. Le ROI .
« Notre ROI est le Chef Suprême et Chef d’Etat Major des
Forces Armées Royales ( FAR ) .
« Votre Engagement dans les FAR est un Engagement pour la
VIE !
« Votre Devise est : DIEU – PATRIE – ROI
.
A ce Moment Précis une VOITURE Noire , une Peugeot 403 , toute Neuve
, entra au Collège et s’Immobilisa au Milieu de la Cour de Récréation
L’Ensemble des Elèves- Officiers pouvait la Voir & l’Admirer :
Le Chauffeur qui conduisait la Voiture devait être un jeune Sous
Officier , un Sergent , probablement .
Il fit le Tour de la Voiture au pas de Gym. et Ouvrit la Porte arrière
Droite à son Passager , un Jeune Officier , du grade de LIEUTENANT à
deux Gallons , Habillé tout de Blanc
Chemise Blanche et Cravate Noire, Veste et Pantalon Blancs ,
Chaussures Noires et Casquette d’Officier à Coiffe Blanche
Quand le Lieutenant sortit de la Voiture de « Service » ,
nous vîmes qu’il tenait à la Main , sous le Bras Droit , un
« Stick de Cavalier » avec des Pommeaux d’Argent
Le Jeune Lieutenant s’approcha de notre Officier Supérieur ,
Directeur des Opérations de Recrutement des FAR à Rabat , s’arrêta
net , à Six Pas de ce dernier , et se Figea Immobile dans un Salut
Militaire Impeccable , avant de lui serrer la Main .
Le Colonel DAOUDI , s’adressant alors à l’Ensemble des Elèves
Officiers Présents à Moulay Youssef ,
déclara :
« Je vous présente le Lieutenant Hassan LYOUSSI . C’est
un Officier des Forces Armées Royales .
« Quand vous sortirez d’Ecole d’ici une Année , vous serez
tous nommés au grade de Sous – Lieutenant ,
et Chacun de vous aura Droit
à une Voiture de Service avec Chauffeur Personnel .
« Privilège particulier : Vous serez en Liaison Téléphonique
Directe avec le Chef d’Etat Major des FAR .
« Vous êtes les Premiers Officiers de la :
« PROMOTION MOHAMMED V »
Et le Colonel DAOUDI de continuer :
« Notre Mission au Collège Moulay Youssef de Rabat est
maintenant Terminée .
« Vous allez pouvoir renter chez – vous dès aujourd’hui ,
et expliquer à vos Familles respectives que désormais vous êtes les
Futures Cadres Officiers des Forces Armées Royales Marocaines .
« Les Services de l’Intendance Militaire vous délivreront un
Titre de Permission qui vous permettra d’acquérir un Billet de
Voyage , aller – retour , à un quart de tarif de sa valeur normale
, par Chemin de Fer ou par Car .
« Vous devez tous être de Retour à Rabat le 31 Août
1956 .
« Les candidats Saint – Cyriens se présenteront au « Quartier
Général des FAR » , dénommé la Q.G.
« Les Aviateurs , au nombre de DOUZE , se présenteront à l’Etat
Major Général des FAR .
« Au Revoir Messieurs , et
à très bientôt .
Lorsque nous revînmes à Rabat le 31 Août 1956 , en fin d’après
midi , et que nous nous présentâmes à
l’Etat – Major Général des FAR , devenu par la suite
Ministère de la Défense Nationale ,
nous fûmes reçus , presque Amicalement , par l’Officier de
Garde chargé de nous
Accueillir et de nous Héberger .
Au vu de cette « Réception plutôt Cordiale » , nous nous étions
dit que peut être les « Choses » n’allaient pas être
aussi Délicates ou Difficiles que nos Familles le prévoyaient , et
que finalement nous avions bien fait de choisir cette « Carrière Aéronautique
» qui allait nous ouvrir la Voie à la Connaissance Scientifique et
à la Modernité.
Quelques camarades , le soir même de notre retour à Rabat , avaient
cherché à ouvrire un Débat , quelque peu « Nationaliste »
, couvrant des thèmes aussi sérieux que ceux de l’« HONNEUR»
et de « PATRIE » , mais à l’Epoque ces Camarades là
n’avaient pas trouvé d’Interlocuteur Qualifié désireux de
participer au Dialogue .
Nous étions DOUZE Aviateurs « Potentiels » qui Attendions
des Eclaircissements sur notre « Devenir »
:
-
Mohammed KABBAJ
-
Abdeslam BOUZIANE
-
Kaddour TERHZAZ
-
Abdellah BAMAROUF
-
Brahim BEN-AHMED ( AGUIZOUL )
-
Abdellah AMAR
-
Ahmed BEL HOUCINE
-
Abdelatif BOUTALEB
-
Badreddine KHATIB
-
Boubker SKIREDJ
-
Mohammed GHAOUTI
-
Abdelouahab BENSAÏD
Le « Commandement » avait décidé de nous héberger
« Tous » dans une large et belle Salle du Sous – Sol de
l’Etat – Major Général .
Cette Salle , bien éclairée , avait été équipée de Lits neufs ,
à armature métallique , de Matelas neufs , de Draps et de
Couvertures Militaires nouvellement sortis des Magasins de l’Intendance
des FAR
Au côté de chaque Lit était placée une Armoire métallique
Individuelle , peinte en Gris clair , haute et étroite , et
permettant la suspension d’Effets militaires et le rangement de
Linge de corps .
Une Immense Table Ronde et ses Douze Chaises , placées au Milieu de
notre Dortoir , nous servaient de « Salle à Manger »
Improvisée :
Notre « Nourriture » , chaude , nous était livrée ,
trois fois par jour , dans de Grandes Gamelles métalliques superposées
, par les soins des Cuisines de la Compagnie du Quartier Général (
Q.G. ) .
Notre premier Samedi Soir passé dans le Dortoir de l’EMG/FAR avait
été quelque peu « Mouvementé » .
Vers Vingt et Une Heures , après avoir Dégusté notre Premier Dîner
, présenté dans de grandes Gamelles et servi dans des Assiettes en
Aluminium , nous entamâmes , à Haute Voix , Heureux et en Cœur ,
toute une série de Chansons Patriotiques et Populaires, oubliant que
nous étions au sein de l’Etat – Major Général des FAR .
Et voilà qu’un Grand Monsieur , Habillé d’un très beau Pyjama
rayé de blanc et de bleu , et Chaussé de Pantoufles marrons , ouvrit
toute grande la Porte Coulissante de notre Dortoir , et s’écria :
« Arrêtez – moi ce Chahut ! »
Notre réaction immédiate fut l’Etonnement .
Mais ce fut notre très Cher et très Impulsif Camarade Abdelatif
BOUTALEB qui se dirigea avec Courage vers l’Homme en Pyjama , et lui
Demanda :
« Qui êtes vous pour nous Parler Ainsi ? »
« Je suis l’Officier de Garde de l’Etat – Major Général
.
« Je suis le Capitaine KASSABA .
Et BOUTALED de répondre :
« Enchanté de faire votre Connaissance !
Le Capitaine KASSABA , très nerveux , s’imaginait que notre
Camarade Abdelatif avait voulu se moquer de sa Personne :
« Vous n’avez pas le droit de vous adresser de cette manière
à un Officier de Sa Majesté Le ROI dans l’Exercice de ses
Fonctions .
«
Vous avez Huit Jours d’Arrêts de Rigueur .
Les
Choses devenaient Sérieuses : Quelqu’un se devait d’Intervenir !
Ce
quelqu’un , c’était Moi !
« Mon
Capitaine , nous sommes des Candidats Elèves- Officiers Aviateurs .
Nous devons en principe nous rendre à l’Ecole de l’Air en France
, début Septembre . Nous ignorons tout de la Discipline Militaire .
C’est cela qui explique le comportement Naturel de notre Camarade
Abdelatif .
Le Capitaine KASSABA , après un court moment de réflexion ,
répliqua :
« Bon , je vois . Alors du Calme !
Le Lundi matin à 08 . 00 , un jeune Officier , adjoint du Colonel
DAOUDI , était venu nous chercher à l’Etat Major Général .
Un mini bus bleu de l’Armée de l’Air Française nous conduisit à
la Base Aérienne de « Rabat Ville » , siège de l’Etat
Major de ce qui s’appelait à l’époque « AIR MAROC »
, le Commandement de l’Ensemble des Forces Aériennes Françaises
Stationnées au Maroc .
Au poste de police de l’Entrée Principale de la Base , avec
accès sur la Route des Zaers , un Officier Pilote de l’Armée de
l’Air nous Attendait : C’était le
Commandant AUMONT .
Sur demande de
S.A.R. Le Prince Héritier Moulay EL
HASSAN à la France , le Commandant
AUMONT sera appelé à jouer un Rôle Edifiant dans la « CONSTRUCTION »
et le « DEVELOPPEMENT » Initial de l’AVIATION des FAR .
Le 1er Septembre 1957 sera Créé la Première Unité
Administrative de l’Aviation des FAR .
Dénommée « 1er ESCADRON AERIEN des FAR »
, cette Unité qui aura pour Siège la Base Aérienne de Rabat-
Ville , sera Commandée par un Officier
Français le Commandant AUMONT , et Cohabitera avec l’Etat Major du
Général de La CHENELIERE jusqu’à fin 1960 , date de Transfert de
la Base Aérienne au Maroc .
Au sein de la Base Aérienne , notre premier Arrêt fut devant
les Services de l’Intendance Militaire .
Le Commandant AUMONT nous expliqua que l’on allait nous distribuer des
Uniformes d’Eté , Chemises et Pantalons Kakis , qui seront à notre
Taille car , dit-il , un maître – tailleur qualifié était là
pour apporter toutes les retouches qui s’avéreraient nécessaires .
« Par ailleurs » , ajouta le Commandant AUMONT , « Il
vous sera remis des Epaulettes avec le Grade d’Aspirant à titre
Fictif , que vous pouvez porter dès aujourd’hui , ainsi qu’une
Casquette à coiffe blanche avec Gallon d’Aspirant type Armée de
l’Air Française .
Une fois tous Habillés en
« UNIFORME FRANÇAIS »
, le Commandant AUMONT nous dit :
« Le Général de La CHENELIERE
sera très Heureux de vous Recevoir maintenant afin de vous Expliquer
le Programme d’Information Aéronautique que nous avons Elaboré
pour vous .
« Ce Programme s’étalera sur
les Trois Prochaines Semaines du Mois d’Août et prendra
fin début Septembre , Date de votre Départ pour l’ECOLE de
l’AIR de Salon de Provence .
Le Mini – Bus Bleu nous conduisit au Mess Officier de la Base .
Le Général de La CHENELIERE et le Colonel DAOUDI nous attendaient à
l’entrée du Mess .
Nous nous présentâmes individuellement devant le Général en essayant
d’exécuter un Salut Militaire , le plus correct possible . Chacun
de nous déclina ses Nom et Prénom à haute voix .
Le Général nous invita tous à nous joindre à lui pour déguster un
copieux Petit Déjeuner à la Française , avec Brioches et Croissants
chauds .
Le Général nous expliqua :
« Mes Amis , au cours des trois semaines à venir , vous allez être
les Invités de l’Armée de l’Air Française au Maroc .
« Cette Invitation a
pour objectif principal de vous mettre en Contact avec les Hommes et
les Equipements de notre Armée de l’Air , et ce dans le but de
faciliter votre future Intégration à vos Camarades Français de l’Ecole
de l’Air de Salon de Provence .
« Cette Ecole aura pour Mission de vous Former sur les plans
Professionnel et Moral et de faire de vous les Premiers
Dignes Officiers Aviateurs de l’Armée de l’Air du Maroc
« Vous visiterez au Maroc les Bases Aériennes suivantes :
« Marrakech , Base Ecole de Pilotage Elémentaire , équipée de
l’Avion Mono Moteur à Hélices T- 6 .
« Méknès , Base Ecole de Chasse , équipée de l’Avion à Réaction
T- 33 .
« Salé , Base Aérienne , siège de la 8ème Escadre ,
équipée de l’Avion de Chasse Mystère IV .
« Casablanca , siège de l’Atelier Industriel de l’Air ( AIA )
, responsable de la Maintenance Aéronautique de nombre d’Aéronefs
Militaires .
« L’AIA dispose d’un Banc d’Essai Réacteur spécialisé
dans la Révision des Réacteurs NENE qui équipent certains de nos
Avions de Chasse .
« Au cours de vos Déplacements Intérieur Maroc , le Commandant
AUMONT ici présent ,
vous accompagnera .
« Un Avion de Liaison Bimoteurs est mis à votre disposition .
Il sera Piloté par l’Adjudant – Chef LARNODIE .
« Messieurs les Aspirants , Profitez pleinement de votre Voyage
d’Information et bon Courage » .
Le Voyage organisé par Le Général De La CHENELIERE aura été très
Intéressant et très Instructif pour nous TOUS :
Arrivés à Salon de Provence , début Septembre 1956 , nous pouvions déjà discuter , avec nos Camarades
Français , de l’Organisation de l’Armée de l’Air Française .
Nous savions qu’il y
avait Trois Catégories de Personnel :
Le Navigant ( PN ) , le Mécanicien / Télémécanicien , et
enfin le Personnel des Bases Aériennes .
Nous avions été « Briffés » sur le fonctionnement du
Moteur à Piston et sur celui du Réacteur .
Nous avions compris les Effets de l’Aérodynamisme sur l’Evolution
d’un Aéronef dans sa Phase de Décollage et d’Atterrissage .
Le Prévisionniste « MTO » nous avait expliqué l’évolution
des Masses d’Air sur une Région donnée du Pays , et le Contrôleur
d’Aérodrome au CLA de la Base nous avait fait Comprendre combien
difficiles étaient les
Responsabilités d’un Opérateur de Circulation Aérienne en Milieux
Ecole de Pilotage .
Tout cela constituait , en 1956 , au lendemain de l’INDEPENANCE du
MAROC , l’Initiation à une Partie du « SAVOIR » que la
FRANCE , de l’Epoque , s’était fait un DEVOIR de Dispenser à ses
« AMIS » , Elèves–Officier AVIATEURS MAROCAINS .
Ce premier Lundi du
mois de Septembre 1956 , dès 06.00 du matin , Nous étions Prêt pour
le Grand Départ : Lavés , rasés , Bagages bouclés , Uniformes
Kakis repassés , Souliers noirs cirés et Casquette à coiffe blanche
ajustée .
A Sept heures du matin , le
mini – bus bleu de l’Armée
de l’Air Française s’immobilisa devant la Porte Principale de
l’Etat-Major Général des FAR .
Sa Mission : nous conduire à la Base Aérienne de Rabat-Ville où
un Avion Militaire nous attendait .
Il s’agissait du Vénérable Avion Bimoteur , le Douglas C- 47 , sur
lequel , Deux Années plus tard , Diplômé de l’Ecole de l’Air ,
j’avais Choisi et Réussi à me Qualifier comme Premier Officier
Pilote de Transport Militaire Marocain
.
Sur les Ailes et sur la Dérive Verticale de l’Avion : Des
« Cocardes Tricolores » qui nous deviendront graduellement
Familières et qui , avec les Années , feront parties de Nous-Mêmes
, nous les Aviateurs Marocains , Elèves de l’Ecole de l’Air de
Salon de Provence .
Le Général de la CHENELIERE , Commandant « AIR MAROC » ,
et le Colonel DAOUDI , représentant l’Etat-Major Général des FAR
, étaient venus nous Saluer à l’occasion de notre DEPART pour l’
« ECOLE de l’AIR » .
Le Départ de cette Première Promotion d’Aviateurs , Année 1956 ,
Première dans l’Histoire des Annales du Maroc Indépendant , établissait
les Bases de la Création de la Future « ARMEE de l’AIR
MAROCAINE » .
Le Voyage Aérien « Rabat-Ville / Salon de Provence »
avait été extrêmement Pénible pour nous tous , futurs Aviateurs
Marocains , habitués au Plancher des Vaches , du fait des Conditions
MTO Désastreuses que nous avions rencontrées dès l’approche des Côtes
Françaises .
Notre Avion C-47 était devenu le Jouet des Orages et des
Cumulonimbus qui
couvraient tout le Bassin Méditerranéen et du Mistral soufflant à
des Vitesses jugées Dangereusement Anormales .
Tout Cela nous obligeait à rester Ceinturés à nos Sièges ,
tous Malades et à commencer à Penser que , peut être nous avions
fait le plus « Mauvais Choix » de notre Vie en Optant pour
une Carrière dans l’Armée de l’Air et l’Aéronautique
Militaire .
Quand finalement notre Pilote Commandant de Bord arriva à
poser son Avion sur la Piste d’Atterrissage de Salon de Provence ,
et l’arrêta au Parking de la Base Aérienne , sous une Pluie
battante , nous avions estimé qu’il était de notre Devoir de le
Féliciter « Individuellement » pour son Courage et
son Professionnalisme :
C’était un Officier de l’Armée de l’Air Française
portant le Grade de « Capitaine »
Un autre Capitaine , Officier du Protocole de la Base Aérienne
, nous attentait à notre descente d’Avion pour nous conduire en Car
au « Mess –
Elèves » de l’Ecole de l’Air .
Au « Mess » des boissons chaudes , thé et café
nous furent servies , car nous étions transis de froid dans nos
Uniformes d’Eté perçus à « Rabat – Ville »
Nous eûmes aussi droit à
un Déjeuner complet , type Elèves – Officiers , mais sans Alcool
et sans Jambon , eu égard à notre Religion et à nos Habitudes
De telles Dispositions
Particulières , dictées par le souci de ne pas froisser des
Traditions Séculaires ,
à l’occasion de ce premier Accueil , évolueront avec le Temps pour
finir par s’ Estomper
Le Capitaine , Officier du Protocole , nous Invita à le suivre pour
nous rendre au « BDE » , le Bâtiment des Etudes , un
merveilleux Bastion de Pierres à
l’architecture élégante et Imposante à la fois :
Nous devions être Présentés au « Commandement » de l’Ecole
de l’Air.

Dans l’Immense et Solennel Hall
Marbré du « BDE » , notre Capitaine nous expliqua :
« Vous avez devant vous ces Marches
qui conduisent au Bureau
du Général Commandant l’Ecole de l’Air , le Général BIGOT
et à celui du Directeur des Etudes , le Colonel DORANCE , un
grand Pilote de Chasse et un grand Humaniste .
« Là , à droite , c’est notre Principale Salle de Conférence :
« Elle porte le nom de :
Amphi MARIN LA MESLEE .
« Marin La MELEE était Premier
Pilote de Chasse de France , avec un Palmarès de VINGT ( 20 )
VICTOIRES en 1940
« Il sera Abattu en Combat Aérien lors de sa Cent Cinquième (
105ème ) MISSION
Nous étions alignés sur deux rangées , admirant cette Enceinte
Prestigieuse , quand
notre Officier du Protocole s’écria : « Garde à vous ! »
.

Le commandant de la Division d’Instruction Militaire , le Lieutenant
– Colonel GODDE , venait de faire son entrée dans le Hall du BDE .
Il était accompagné du Capitaine MAYOT , Chef de la Promotion « LE
CONG » , Promotion 1956 , dont nous allions faire partie dès ce
mois de Septembre , des Capitaines HUGUET , SAULNIER , BONNET &
DELLAC , tous Brigadiers de la Promotion LE CONG .
Le Colonel GODDE s’adressant à nous , nous dit :
« Soyez les biens venus à l’ECOLE de l’AIR de Salon de
Provence , Creusot de la Formation des OFFICERS de l’ Armée de l’Air
Française , Pilotes , Mécaniciens , Télémécaniciens et Basiers.
« Notre Mission est de vous Communiquer notre « SAVOIR »
en Milieux Aéronautique et en Relations Humaines , et d’Apprendre
plus de vous sur la CULTURE de votre Pays , le MAROC, et la SAGESSE de
votre ROI , S.M. MOHAMMED V .

« L’Ecole de l’Air a été Heureuse cette Année 1956 d’Accueillir
deux Elèves – Officiers Tunisiens :
DHIB et NAAMAN ,
« Et un Elève – Officier Laotien : POK .
« Et maintenant , je vous confie à votre Commandant de Promotion
, le Capitaine MAYOT , ici présent , et à vos futurs Brigadiers .
« Bon Courage Messieurs
et en Avant Toute .
N’oubliez pas que la DEVISE de l’Ecole de l’Air est
« FAIRE FACE ! » .
Le Capitaine MAYOT nous expliqua alors que les Neuf ( 9 )
Elèves – Officiers Marocains classés « PN » ,
Personnel Navigant , et l’Unique Elève – Officier classé Basier
, allaient pouvoir Intégrer l’Ecole de l’Air ( EA ) , dans le
Cadre du Recrutement « Direct » .
Les Deux Elèves – Officiers Marocains classés Mécanicien et Télémécanicien Intégreront ,quant à eux ,
l’Ecole Militaire de l’Air , Recrutement « Indirect »
, réservé aux Jeunes Sous – Officiers Français qui avaient réussi
au Concours d’Admission des « EMA » .
« Vous serez répartis en BRIGADES , chacune coiffée par un
Officier de l’Armée de l’Air , du Grade de CAPITAINE et Diplômé
de l’Ecole de l’Air de Salon de Provence
.
« Votre BRIGADIER sera Responsable de votre Formation dans les
Domaines les plus Sensibles de votre VIE d’AVIATEUR .
« Je vous Demande de l’Ecouter et de Chercher à le Considérer
comme une IDOLE faisant partie de
votre DEVENIR .
Et c’était ainsi que mon nom , Abdeslam BOUZIANE , se trouvera
Inscrit sur les Effectifs Elèves de la « Troisième – 3ème »
Brigade , dirigée par le Capitaine DELLAC ,
Et que celui de Mohammed KABBAJ figurera
sur les Effectifs de la « Deuxième – 2ème »
Brigade , dirigée par le Capitaine SAULNIER .
Le Capitaine DELLAC , Pilote de Chasse , était un véritable « Gentleman » et
un « Humaniste »
Bel homme , Elégant ,
toujours en Tenue N° 1 Impeccable ,
Sympathique , Ouvert au Dialogue , allant vers les Autres avec
Volonté et Aisance …
Avec le Capitaine DELLAC , le SAVOIR ne se limitait pas au Fusils
MAS 36 ou à la
Mitraillette MAT 49 , il ne s’arrêtait pas non plus au Morane 733
ou au Fouga Magister CM
170 .
DELLAC discutait Poésie et Littérature , Gouvernements et Libertés
Individuelles , Droits de l’Homme et Bien –Etre SOCIAL …
Arrivé au Grade de « COLONEL » dans l’Armée de l’Air
Française , il Fera Valoir ses Droits à la « RETRAITE »
et se Passionnera pour son Sport de Prédilection , « Le GOLF »
Le Capitaine SAULNIER , Pilote de Chasse , à l’exemple du Capitaine
DELLAC , aura un tout autre DESTIN dans l’Armée de l’Air de son
PAYS
En 1976 , Jean SAULNIER était nommé Général de Brigade Aérienne et
Commandant l’Ecole de l’Air et l’Ecole militaire de l’Air .
Il se rappellera des Elèves – Officiers Marocains de la « Promotion
LE CONG – 1956 » , et enverra à Chacun d’eux
une CARTE-REPONSE d’INVITATION pour assister , le 28 Octobre
1976 , à la Cérémonie de Remise des Poignards aux Elèves Officiers
de la Promotion « 1976 » .
Vingt Années
d’HISTOIRE : 1956
--- 1976 .
Une Telle Carte d’Invitation , portant mon nom , LCL. BOUZIANE , ne
m’avait Jamais été Communiquée :
Le Colonel Mohammed KABBAJ , Inspecteur des Forces Royales Air
( FRA ) , que DIEU l’ai en Sa Miséricorde aujourd’hui ,
avait OUBLIE de me TRANSMETTRE .
Il faudra Attendre le 18 JANVIER 1979 , pour qu’enfin « Je »
puisse Retourner , avec Gloire et Dignité
, à SALON de PROVENCE et à l’ECOLE de l’AIR même , Commandée
toujours par le Général Jean SAULNIER .
En 1979 , j’étais venu à « Salon de Provence » pour
Demander au Général SAULNIER de bien vouloir m’aider à parfaire
la « Restructuration »
des Programmes de la Formation Scientifique et Technique des Elèves
Officiers Marocains de l’Ecole Royale ( ERA ) de Marrakech ,
« ECOLE » dont S.M. le Roi HASSAN II m’avait Confié le
Commandement en Avril 1977 .
M’accompagnaient dans cette « MISSION » Hautement
Importante pour les « FRA » :
Le Colonel Abdellah BAMAAROUF , un ancien de la Promotion LE CONG ( 1956
) et Chef du SCOTA ,
Service de Contrôle Opérationnel , Technique et Administratif de
l’Etat – Major Air ( EMA / FRA ) .
Feu le Colonel Bouchaîb OUAHBI , Chef de la Division ECOLES de l’Etat
Major Air ( EMA / FRA ) .
Je voulais que la Formation que nous Donnions à l’ERA à Marrakech à
nos Elèves Officiers Aviateurs soit une Véritable Formation « d’INGENIEURS »,
Copiée sur Celle de « Salon de Provence » .
Le Général SAULNIER nous avait permis d’avoir Accès à tous les
Documents d’Enseignement de son « ECOLE » et de Ramener
avec nous Tout Document d’Instruction que nous Jugions Important .
Aujourd’hui , au MAROC , l’« ECOLE ROYALE de l’ AIR »
de Marrakech est Habilitée
, par Décret du Ministre de l’Education Nationale , à Délivrer à
ses ELEVES des
« DIPLÔMES
d’INGENIEURS d’ETAT en Aéronautique »
, reconnus par l’Administration Marocaine .
Si les «
RESPONSABLES » Actuels
de l’Aéronautique Militaire Marocaine , et nous sommes en Mai de
l’An 2008 , avaient eu un Minimum de « Jugeote » , et de
« Volonté de Mieux Faire »
, il y a Belle Lurette qu’ils auraient pu Développer , dans leur
Domaine de Prédilection , une INDUSTRIE PERFORMANTE
, avec les Élèves des nombreuses Promotions des SEULS Ingénieurs
d’Etat , Diplômés de l’École Royale de l’Air ( ERA ) de
Marrakech , et ce à Partir de Juillet 1995 .
Mais encore fallait – il « CROIRE » en l’ « Aéronautique
Militaire » et à tous les « Bienfaits » qu’ ELLE
aurait pu Apporter à la « Société Marocaine » du point
de vu de la Science et de la Modernité , comme du point de vue de
l’EMPLOI d’une Main d’Oeuvre Spécialisée et de ses Retombées
« SOCIALES » .
Le Général SAULNIER , ce 18 Janvier 1979 , m’avait Reçu dans son
Bureau Personnel de Commandant de l’Ecole de l’Air , en Compagnie
des Colonels BAMAROUF et OUAHBI
J’avais relevé , ce jour–là , avec Fierté , que le Général
SAULNIER et Moi-même Parlions , comme par Enchantement , d’Egal à
Egal : C’était
Magnifique .
Je peux vous dire aussi que
cela fait beaucoup de Bien , surtout quand vous n’avez pas oublié
avoir été « POUSSIN » , Elève de 1ère Année
de la Promotion « LE CONG » en 1956 ,
et que la seule fois de votre Vie d’Etudiant où vous aviez
été admis au « BDE » , c’était à l’occasion de la
Cérémonie de « REMISE des POIGNARDS » .
Les Années passèrent , et la Carrière d’Officier Aviateur du Général
Jean SAULNIER évoluera , le Conduisant vers les Cimes de la Hiérarchie
Militaire .
-
Chef d’Etat – Major
de l’Armée de l’Air Française .
-
Chef d’Etat – Major Général
des Armées .
-
Chef de l’Etat –
Major du Président de la République
Les « Elèves – Officiers » Abdeslam BOUZIANE et
Mohammed KABBAJ , ce que nous étions à l’Epoque , en 1956 , avions eu
Chacun , à quelques Variantes près , un Déroulement de Carrière
Militaire Similaire à Celui de notre Chef de Brigade « Respectif »
de l’Ecole de l’Air Française :
le Capitaine DELLAC et le Capitaine SAULNIER .
L’ E/O
Abeslam BOUZIANE , Nommé au Grade de « Lieutenant »
le 1er Août 1958 par Feu S.M. Le Roi MOHAMMED V , sera le
Premier Officier Pilote de Transport Militaire , Diplômé de Salon de
Provence .
Il fera une Carrière d’Officier Aviateur tout à fait Honorable dans
les Forces Royales Air Marocaines ( FRA ) et fera valoir ses Droits à
la Retraite , avec le Grade de « COLONEL » , le 31
Décembre 1995 .
L’ E/O Mohammed KABBAJ sera
Nommé , lui aussi , au Grade de « Lieutenant »
par Feu S.M. Le Roi MOHAMMED V le
1er Août 1958 .
Il Quittera les FAR le 1 Avril 1962 , pour Convenances Personnelles .
Il les Réintégrera le 19
Août 1972 , avec le Grade de « COLONEL »
en qualité d’ « Inspecteur des Forces Royales Air »
( FRA ) .
Son Acte Héroïque aux Commandes du Boeing 727 de la « RAM »
, un 16 Août 1972 , Sauvera la Vie de Notre « ROI » et la
Pérennité de la Monarchie Marocaine .
Au cours de sa Carrière Exceptionnelle d’Inspecteur des FRA , il sera
élevé au Grade de
« Colonel – Major » le 4 Mars
1980 et Nommé Premier
« Général de Brigade Aérienne » des FRA
, par Feu S.M. Le Roi HASSAN II , le 3 Mars 1985
.
Le Général
KABBAJ nous Quittera le 13 Mai 1989
, suite à une très longue Maladie .
Mais revenons à Cette Première Rentrée Universitaire de Septembre
1956 à l’ « ECOLE de l’AIR » de Salon de
Provence
Mon Intégration en qualité de « POUSSIN » , Elève de 1ère
Année , à la 3ème Brigade de l’Ecole de l’Air ( E.A.
) , Commandée par le Capitaine DELLAC , débuta par la Perception du
« Paquetage Militaire » ...
A SUIVRE …
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